Le « petit truc en plus » : et si la POE était la clé de votre futur dans l’industrie ?

Vous lisez une offre d’emploi, vous cochez presque toutes les cases, mais un  “petit truc” vous manque ? Ne passez pas votre chemin. Grâce à la Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE), l’industrie vous ouvre ses portes, même si vous n’avez jamais tenu de fer à souder ou programmé une machine. Maryline Daireaux, responsable emploi et compétences à l’UIMM 35-56, vous explique ce dispositif idéal pour envisager sereinement son avenir dans l’industrie.

1. La POE, c’est quoi au juste ?
« De la dentelle pour votre CV »

La Préparation Opérationnelle à l’Emploi est un pont entre, d’un côté, une entreprise en quête d’un « mouton à cinq pattes » et de l’autre, un candidat motivé.

« On fait du sur-mesure, de la dentelle », explique Maryline Daireaux. « On a souvent quelqu’un de très bien, mais qui n’a pas tout à fait toutes les connaissances préalables à un métier. La POE permet de combler une grande partie de cet écart en quelques semaines. »

Concrètement, la formation dure entre 2 et 3 mois (maximum 400 heures) avec « un parcours à la carte ».  Elle peut être réalisée :

  • en interne dans une entreprise qui peut mettre en place une « école interne » ou un parcours de formation en interne ;
  • en externe, au sein d’un Pôle formation, par exemple en intégrant des personnes à des modules de cours existants.

2. Le mythe de « l’école » :
« On ne va pas vous demander de faire du sport ou de l’anglais ! »

C’est la crainte numéro un des candidats : le retour sur les bancs de l’école. Maryline Daireaux est catégorique : la formation pour adultes n’a rien à voir avec vos souvenirs de lycée.

« Les gens ont peur de retrouver de la théorie pure. Je leur dis souvent : on ne va pas vous demander de refaire des maths théoriques ou du sport. On est sur du geste, de la dextérité, du concret. »

C’est court, intense, et surtout très pratique. Par exemple, pour devenir câbleur en électronique chez des géants de l’aviation quelques semaines de « brasage binoculaire » suffisent pour acquérir les bases. La vitesse et l’expertise viendront ensuite, directement à l’atelier.

3. Qui peut en bénéficier ? « Toutes sortes de profils ! »

La Préparation Opérationnelle à l’Emploi n’est pas réservée à un public spécifique ou aux personnes « très éloignées de l’emploi ». Maryline Daireaux a d’ailleurs accompagné tous les parcours :

  • Ceux qui changent totalement de carrière : qu’ils viennent de la restauration, du commerce ou de la coiffure, leur motivation est le premier critère. Maryline se rappelle une ancienne coiffeuse devenue 5 ans plus tard chef d’atelier en usinage : « C’est une vraie révélation. Sans la POE, ni elle ni l’entreprise n’auraient osé franchir le pas. »
  • Les « presque prêts » : ils ont déjà des bases mais ils leur manquent la maîtrise d’un logiciel ou d’une machine numérique. La POE permet d’acquérir ce « petit truc en plus ».

En somme, c’est une solution pour lever les barrières tant chez les candidats que les recruteurs.

4. Pourquoi les entreprises adorent ça ? …
… et pourquoi c’est bon pour vous  !

Aujourd’hui, les recruteurs ne cherchent plus forcément le candidat parfait sur le papier mais s’ouvrent à de nouveaux profils notamment ceux en reconversion professionnelle.

« Je dis toujours aux candidats : si vous correspondez à 65-70 % de l’annonce, allez-y ! » conseille Maryline Daireaux. « Le reste, on s’en occupe via la POE. C’est une manière de sécuriser votre intégration. »

Les avantages pour vous :

  • Zéro frais : la formation est financée.
  • Indemnisation maintenue : vous gardez vos droits France Travail pendant la formation.
  • Un job à la clé : contrat professionnel, CDI ou CDD… l’entreprise investit sur vous.

5. Concrètement, comment s’y prendre ?

Si vous êtes inscrit à France Travail et que l’industrie vous tente :

  1. Ciblez un métier ou une annonce : même si vous ne maîtrisez pas tout.
  2. Parlez-en à votre conseiller ou contactez directement l’UIMM ou les Pôles formation UIMM de votre région.
  3. Osez le contact : beaucoup d’entreprises sont prêtes à vous former en interne si votre savoir-être (ponctualité, envie d’apprendre) est au rendez-vous.

Alors, prêt(e) à changer de trajectoire ?
L’industrie ne cherche pas des CV parfaits, elle cherche des talents à former.