Avec 6 000 à 10 000 recrutements prévus chaque année d’ici 2035, la filière nucléaire est plus que jamais un secteur d’avenir. Pour sa 4e édition, la Semaine des Métiers du Nucléaire, coorganisée par l’Université des Métiers du Nucléaire et France Travail, propose plus de 400 événements partout en France. Visites de chantiers, ateliers en réalité virtuelle et rencontres directes avec des experts : ce rendez-vous ouvre les portes du nucléaire notamment aux jeunes, aux demandeurs d’emploi et aux profils en reconversion professionnelles. Anne Jancovici, présidente de l’Université des Métiers du Nucléaire, explique les enjeux de cette nouvelle édition.
Cette édition met l’accent sur la mixité. Quel est l’état des lieux et comment inciter plus de femmes à rejoindre la filière ?
Anne Jancovici : Aujourd’hui, de l’ordre de 20% des personnes travaillant dans la filière nucléaire sont des femmes. La mixité n’est pas seulement un sujet de parité mais un levier de performance, d’innovation et de cohésion dans les équipes. Pour agir, nous devons donner une image juste des métiers et des conditions de travail, rendre visibles les rôles-modèles féminins.
Nous travaillons également avec des partenaires engagés comme WiN France (Women in Nuclear) et soutenons activement les Prix Fem’Energia, qui mettent en lumière des parcours exemplaires.

« La mixité n’est pas seulement un sujet de parité mais un levier de performance, d’innovation et de cohésion dans les équipes. »
Le nucléaire souffre encore d’un déficit d’image auprès des nouvelles générations en particulier des jeunes filles. Quelle initiative portez-vous pour renforcer son attractivité ?
A.J : A titre d’illustration, j’aimerais souligner une initiative normande, que nous nous attachons à répliquer dans d’autres régions françaises : le Girls’ Day.
Cet évènement a pour objectif de promouvoir l’égalité des chances et de sensibiliser les jeunes filles à la diversité et à l’incroyable richesse des métiers techniques et scientifiques qui s’offrent à elles ; des métiers créateurs de valeur.
C’est une journée de rencontres et d’échanges entre jeunes filles, professionnelles et experts des secteurs d’activité scientifique et technique, pour casser les stéréotypes liés aux métiers dits « féminins » ou « masculins » et encourager les participantes à envisager des carrières diversifiées, en accord avec leurs passions et talents.
Une occasion unique pour les jeunes filles de découvrir de nouvelles perspectives professionnelles, de poser leurs questions aux expertes et de mieux comprendre les opportunités offertes dans leur région car, la filière nucléaire est présente partout en France, via des TPE, ETI, PME et de plus grandes entreprises.
Pour une femme qui hésite encore à se lancer, quel serait le premier pas idéal à faire durant cette Semaine pour lever ses doutes ?
A.J : Je conseillerais un premier pas très simple : venir à la rencontre des femmes qui exercent ces métiers et surtout oser poser toutes les questions. Les doutes sont normaux, la curiosité est une force. Notre rôle est de montrer que les métiers du nucléaire sont accessibles et ouverts à toutes, que c’est une voie pour se construire un parcours passionnant au service de la souveraineté industrielle et énergétique du pays, de l’électrification des usages et d’un avenir bas carbone.
Rejoindre la filière nucléaire c’est rejoindre une réelle aventure humaine.
Alors rendez-vous sur le portail Mon Avenir dans le Nucléaire.fr ou sur Mes Evénements Emploi.francetravail.fr pour découvrir le programme complet de la Semaine des Métiers du Nucléaire 2026 !
Comme Marine, responsable d’un centre d’outillage et de nombreux autres professionnelles, les femmes ont leur place dans le nucléaire.